La Réserve naturelle des Grangettes

Havre de paix où les plantes et les animaux trouvent refuge, la Réserve naturelle des Grangettes foisonne de vie!
On y trouve plusieurs espèces de mammifères tels que les castors, putois, chevreuils et musaraignes aquatiques, mais aussi:

espèces de plantes

étangs

espèces d'oiseaux nicheurs (et plus de 180 espèces migratrices)

espèces de couleuvres

espèces d'amphibiens et de reptiles

espèces de libellules (et une foule d'autres insectes)

La Réserve naturelle est située sur les vestiges de l’ancien grand delta du Rhône. Lorsque le fleuve était indompté, ses mouvements de crue et de charriage engendraient sans cesse des bancs de sable et de gravier. Il en résulte une mosaïque de lagunes et d’îles.

Avec l’endiguement du Rhône en 1836, la plupart des anciens plans d’eau se sont asséchés, éloignant les oiseaux. Au XXème siècle, l’augmentation de l’utilisation du territoire et l’intensification de l’agriculture alertent les associations de protection de la nature. En effet, les milieux humides sont extrêmement menacés et disparaissent peu à peu. La constitution de la Commission des Grangettes en 1968 marque une étape importante dans la conservation de la nature au lieu-dit « Les Grangettes ».

Une extraordinaire diversité

Aujourd’hui, les roseaux colonisent les berges et la terre ferme est couverte de marais et de forêts alluviales. Vital pour de nombreuses espèces, ce lieu abrite une faune et une flore d’une extraordinaire diversité.

La Réserve est un site idéal pour la nidification d’un grand nombre d’oiseaux d’eau et des marais. Les amphibiens et les insectes, source de nourriture appréciée des oiseaux migrateurs, s’y reproduisent en nombre. Autour des étangs, vous pouvez observer une trentaine d’espèces de libellules, mais aussi des grenouilles et des traces de castor.

Le saviez-vous?

Découvrez 4 faits intéressants sur la Réserve!

Au paradis des Grangettes, les oiseaux migrateurs sont plus nombreux que les oiseaux nicheurs

Les Grangettes sont un site reconnu d’importance internationale pour les innombrables oiseaux migrateurs qui y font escale durant leur long voyage printanier entre l’Afrique tropicale et le nord de l’Europe, puis leur retour en automne.

Au printemps, les basses eaux du lac mettent à nu des vasières très favorables au nourrissage des échassiers qui y dénichent de nombreux petits crustacés et des vers.

Une fois les 180 espèces d’oiseaux migrateurs parties, 80 espèces d’oiseaux nichent encore aux Grangettes, se délectant des larves, crustacés et poissons qui vivent dans les eaux du lac.

La roselière des Grangettes est la plus étendue du Léman

Le milieu naturel le plus caractéristique des Grangettes est sans doute la roselière lacustre. Ici préservée, cette zone de contact entre la terre et l’eau a, ailleurs, pratiquement disparu des rives du Léman.

A cause de l’érosion des berges, due aux vagues qui venaient s’y écraser, sa surface a tout de même fortement diminué. Les nettoyages effectués par des bénévoles chaque année depuis 1970 ainsi que les enrochements construits au large dès 1975 ont eu un effet positif car actuellement la surface de la roselière augmente.

Ces efforts contribuent au fait que la roselière lacustre des Grangettes est aujourd’hui la roselière la plus étendue du lac Léman.

Des essais de tirs d’obus sont à l’origine de certains étangs

Près de 200 étangs – les plus grands résultant des anciennes gravières – et mares, dont certaines ont pour origine des essais de tirs d’obus dans les années 1940, forment un ensemble favorable aux espèces amphibies. En effet, plus de 30 espèces d’amphibiens et de reptiles s’épanouissent dans les étangs éparpillés dans la Réserve.

Au bord et dans les étangs, vous pourrez observer grenouilles, couleuvres et parfois même castors vaquer à leurs occupations.

90% des surfaces ont disparu

Au début du 19ème siècle, 3000 hectares de marais s’étendaient dans la basse plaine du Rhône. Depuis, 90% des surfaces ont disparu suite aux comblements et drainages permettant de valoriser ces terres fertiles pour l’agriculture. Le Rhône a été canalisé, supprimant ainsi les inondations qui permettaient le renouvellement des marais. Les forêts, moins riches en espèces, se sont peu à peu installées. De plus, les graviers sont encore en partie exploités devant la rive du delta, ce qui entraîne l’érosion de certaines portions du rivage.

Les Grangettes sont aujourd’hui une relique des marais ancestraux. Il est donc nécessaire d’entretenir ces milieux pour avoir une riche biodiversité.